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Mammographie et prothèses mammaires : comment se déroule l’examen ?

Porter des implants mammaires ne dispense pas du dépistage du cancer du sein, et ne l’empêche pas non plus. La mammographie reste possible, à condition d’adapter la technique : clichés supplémentaires, compression ajustée, échographie parfois associée. Comment se préparer, que se passe-t-il dans la salle d’examen et quelles sensations attendre ?
Voici, étape par étape, le déroulement d’une mammographie chez une patiente porteuse de prothèses mammaires.

Mammographie prothèses mammaires déroulement examen | Centres Révélis | Île-de-France

Peut-on passer une mammographie avec des prothèses mammaires ?

Pratiquer une mammographie à Paris et en Île-de-France reste tout à fait possible lorsque l’on porte des implants mammaires, qu’ils aient été posés à visée esthétique ou dans le cadre d’une reconstruction.
L’Institut national du cancer (INCa) rappelle que la présence de prothèses ne constitue pas un obstacle au dépistage par mammographie, à condition d’en informer le radiologue au préalable.

Le calendrier reste identique à celui des autres femmes : une mammographie tous les deux ans entre 50 et 74 ans dans le cadre du dépistage organisé, ou plus tôt sur prescription en cas de facteurs de risque.

Au sein des Centres Révélis, la mammographie est réalisée par un manipulateur en électroradiologie médicale et interprétée par un médecin radiologue, selon un protocole adapté aux seins implantés.
Seule particularité : la prothèse, opaque aux rayons X, masque une partie de la glande mammaire, ce qui impose des clichés spécifiques.

Comment se préparer à une mammographie avec implants ?

Signaler ses implants dès la prise de rendez-vous permet au centre de prévoir un créneau plus long et un protocole adapté.

Le jour de l’examen, plusieurs documents sont utiles :

  • l’ordonnance ou le courrier d’invitation au dépistage organisé ;
  • la carte d’implant remise après l’intervention, qui précise le modèle de prothèse et sa date de pose ;
  • les clichés et comptes rendus des précédentes mammographies, échographies ou IRM, pour permettre une comparaison ;
  • si elle est connue, la position des implants, devant ou derrière le muscle pectoral.

Il est préférable de ne pas appliquer de déodorant, de talc ou de crème sur la poitrine et les aisselles, car ces produits peuvent laisser des traces sur les images. Chez les patientes non ménopausées, éviter les jours précédant les règles, lorsque les seins sont plus sensibles, rend la compression plus supportable.
L’examen est notamment proposé au centre d’imagerie de l’Ourcq (Paris 19e), au centre d’Asnières-sur-Seine et au centre de Champigny-sur-Marne.

Le déroulement de l’examen : les clichés d’Eklund

Comme pour toute mammographie, la patiente se tient debout, torse nu, face à l’appareil. Le manipulateur réalise d’abord les incidences classiques, de face (cranio-caudale) et oblique (médio-latérale oblique), qui montrent la prothèse et la glande qui l’entoure.
Viennent ensuite les clichés dits « de refoulement », décrits par le radiologue G. W. Eklund en 1988 : l’implant est délicatement repoussé vers l’arrière, contre la paroi thoracique, tandis que le tissu mammaire est ramené vers l’avant, puis comprimé seul entre les deux plaques. Cette manœuvre dégage la partie antérieure du sein, que la prothèse masquerait autrement.

La littérature radiologique montre qu’elle améliore nettement la visibilité de la glande par rapport aux seules incidences standard. Au total, l’examen peut compter jusqu’à huit clichés au lieu de quatre habituellement, et dure donc un peu plus longtemps.
Une échographie mammaire est fréquemment associée afin de compléter l’analyse.

La mammographie est-elle douloureuse ou risquée pour les prothèses ?

La compression peut être ressentie comme désagréable, comme chez toute patiente, mais elle ne dure que quelques secondes par cliché. Sur les incidences incluant l’implant, le manipulateur l’ajuste pour éviter toute pression excessive sur la prothèse. Les clichés de refoulement peuvent être plus inconfortables en cas de coque, c’est-à-dire de tissu cicatriciel rétractile formé autour de l’implant, qui le rend moins mobile.
À l’inverse, ils sont généralement plus simples à réaliser lorsque la prothèse est placée derrière le muscle pectoral.

Selon l’American Cancer Society, la rupture d’un implant provoquée par une mammographie est très rare : c’est une raison supplémentaire de signaler ses prothèses avant l’examen. Côté irradiation, les clichés supplémentaires entraînent une dose légèrement supérieure à celle d’une mammographie standard. Elle reste faible et encadrée par les règles de radioprotection.
Toute douleur inhabituelle pendant l’examen doit être signalée immédiatement à l’équipe.

Après la mammographie : échographie, IRM et suivi des implants

À l’issue de l’examen, le radiologue analyse les images et peut compléter le bilan par une échographie. Non irradiante, celle-ci n’est pas gênée par l’opacité de l’implant aux rayons X et permet d’examiner à la fois la glande et la prothèse.
En cas de suspicion de rupture ou de doute persistant, une IRM mammaire peut être prescrite pour évaluer l’intégrité de l’implant.

Il faut garder à l’esprit que la mammographie vise avant tout le dépistage du cancer du sein, et non la surveillance de la prothèse. Celle-ci relève d’un suivi médical annuel, rappelé par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Enfin, dans le cadre du dépistage organisé en Île-de-France, les mammographies normales bénéficient d’une seconde lecture par un radiologue expert du CRCDC-IDF.

En conclusion

Porter des prothèses mammaires ne prive pas du dépistage du cancer du sein. La mammographie s’adapte : signalement des implants, clichés de refoulement d’Eklund, compression ajustée et, souvent, échographie complémentaire.
L’examen est simplement un peu plus long.

Pour toute question sur votre suivi, rapprochez-vous de votre médecin prescripteur. Les équipes des Centres Révélis vous accueillent ensuite en Île-de-France pour réaliser votre examen.

Sources

FAQ

Peut-on faire une mammographie quand on a des prothèses mammaires ?

Oui. Les implants ne constituent pas une contre-indication à la mammographie. La technique est simplement adaptée, avec des clichés supplémentaires permettant de bien visualiser la glande mammaire.

Faut-il prévenir le centre d’imagerie que l’on porte des implants ?

Oui, dès la prise de rendez-vous puis le jour de l’examen. Cette information permet de prévoir un créneau adapté et d’ajuster la compression et les incidences.

La mammographie peut-elle abîmer ou percer une prothèse ?

Ce risque est très rare. La compression est adaptée sur les clichés incluant l’implant, et l’équipe reste attentive à toute douleur inhabituelle signalée pendant l’examen.

Combien de clichés faut-il pour une mammographie avec implants ?

L’examen peut compter jusqu’à huit clichés, contre quatre pour une mammographie standard : deux incidences classiques et deux clichés de refoulement par sein.

Qu’est-ce que la technique d’Eklund ?

Il s’agit d’une manœuvre qui consiste à repousser l’implant contre la paroi thoracique et à ramener le tissu mammaire vers l’avant, afin de l’examiner sans que la prothèse ne le masque.

La mammographie permet-elle de surveiller les implants ?

Non, elle sert avant tout au dépistage du cancer du sein. La surveillance de la prothèse repose sur un suivi médical annuel, complété si besoin par une échographie ou une IRM mammaire.

À quel âge faire une mammographie quand on porte des prothèses mammaires ?

Le calendrier est le même que pour les autres femmes : tous les deux ans entre 50 et 74 ans dans le cadre du dépistage organisé, ou plus tôt sur prescription en cas de facteurs de risque.